Trump se dévoile

Charlottesville : Un enchaînement étonnant

  • 12 août – des manifestations d’une extrême droite triomphante composée de Suprémacistes Blancs, de Nazis et KKK utilise comme prétexte à leur manifestation la protection de statues à la gloire des généraux sudistes. Il va de soi qu’il s’agit d’un prétexte : les slogans entonnés avec une foi terrifiante reprenaient ceux du NSDAP, les juifs dehors, le sol et le sang…
  • A l’évidence, ce type de provocation ne pouvait laisser la gauche radicale sans réaction. Les affrontements violents étaient inévitables.
  • Un fêlé, plus blanc que blanc, raté, ex vigile viré pour cause d’incompétence, chômeur, en copiant les pratiques djihadistes, a lancé son pick-up dans la foule et a tué une jeune femme.
  • Le soir même POTUS se fend d’un commentaire condamnant les violences et mettant sur le même plan l’extrême droite, qui n’a pas manqué de rappeler son soutien au président, et les contre-manifestants qui étaient eux aussi également fort peu pacifiques.
    Mais face à cette extrême-droite qui révère la force et la brutalité, peut-on être pacifique.
  • Cette condamnation en demie teinte qui soulignait ce que Trump nomme les provocations des contre-manifestants et ignorait celles de l’extrême droite, a provoqué dans une grande partie de la société US une réelle réprobation. Le Chief of Staff, le général John Kelly rédige un communiqué qu’il réussira à faire lire par Trump, le lundi, 48 heures après la première déclaration. Ce communiqué condamne fermement le KKK, les Nazis et autres White Supremacists. Lu au téléprompteur par un Trump dubitatif, le communiqué est rédigé par un général quatre étoiles, il pointait les réels coupables et redonnait à la présidence, malgré les Tweets, une hauteur qu’elle avait perdue.
  • Mardi soir, au pied de son immeuble new-yorkais, Pinocchio se lance dans une improvisation, révélatrice de ses réelles positions. En quelques minutes il détruit tout le lustre que John Kelly avait réussi à redonner à cette présidence. Parmi les contre-sens historiques, il place le traître Robert Lee, général sudiste et les deux premiers présidents, Georges Washington et Thomas Jefferson, sur le même plan. Trump par son improvisation montre son vrai visage, son vrai caractère, son incapacité à penser au delà du présent immédiat, d’accepter l’existence d’un point de vue contraire au sien.
  • Mercredi, en écho à l’unanimité des critiques, si l’on excepte toutefois la base électorale d’extrême droite de Trump qui se délecte des gaffes présidentielles, la société américaine se rebiffe. Les soutiens initiaux se défilent, par exemple, les PDG des grandes entreprises qui formaient le conseil économique et industriel  autour du président démissionnent les uns après les autres. Trump qui se vantait de pouvoir remplacer les partants par des candidats qui formaient une file d’attente. Face à l’absence de remplaçants qui auraient pris la place des démissionnaires, avant que les deux conseils ne soient que des coquilles vides il a simplement dissout ceux-ci. Du point de vue de Trump est fâcheux qu’il ne puisse dissoudre le Congrès, les Sénateurs et les Gouverneurs, Démocrates, Libéraux ou Républicains, leurs voix deviennent de plus en plus audibles dans la critique.

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