Archives mensuelles : avril 2021

Violence policière / suite

28 avril 2021


English version in the second half


Dans mon article du 27 avril je tentais de comparer la violence des forces de l’ordre aux USA et en France. A l’évidence, la solution n’est pas manichéenne : un problème de société n’est jamais résolu par une seule décision, jamais. Ceux qui le pensent sont prêts à suivre aveuglément un Dear Leader, un Führer, un Conducator, un Danube de la Pensée. Ils nous conduisent vers la mort de la Démocratie. Cela dit, certaines solutions imposent des changements radicaux qui ouvrent des portes vers la résolution d’un problème majeur de société.

Cette possible solution, simple en apparence, Jim Clyburn, l’a évoquée.

Cette solution simple à formuler impacte toute la société, tous ses modus operandi. Cette solution contredit la doxa conservative qui affirme depuis plus de cinquante années que baisser les impôts sans contre-partie est bon pour toute la société. Cette Doxa a creusé un fossé entre les nantis et les autres. Le mode de vie de la classe moyenne, dans les années 50, fixait dans le monde occidental un objectif : ouvrir à tous, selon les mérites, l’accès à l’ascenseur social. Force est de constater qu’aujourd’hui la classe moyenne a disparu, les nantis se sont accaparé toutes les richesses produites.

Ne rêvez pas, Jim Clyburn est un “Afro-Américain”, donc noir pour le dire simplement. Il est élu dans un état conservateur depuis 1992. S’il était ouvertement à gauche, il n’aurait jamais été réélu. Non Jim Clyburn n’est pas un socialo-marxiste, il est humaniste et réaliste. Et qu’affirme Jim Clyburn qui est si révolutionnaire sur le fond et si évident sur la forme ? Facile : si la police aux US est médiocre, qu’elle tue 25 fois plus qu’en France, le problème se trouve dans le recrutement. Et si les médiocres sont recrutés, les salaires proposés en sont la cause. Les salaires proposés imposent souvent aux policiers d’avoir un job complémentaire. Aux USA, imposer aux gens d’avoir deux jobs pour joindre les deux bouts est devenu en un 1/2 siècle la règle. Pouvoir proposer à chacun un revenu selon ses responsabilités, revenu qui permet de vivre dignement, cette proposition impose de repenser globalement la redistribution des richesses. Cette redistribution a progressivement disparu. Affirmer aujourd’hui que le capitalisme a échoué relève de la même évidence que constater l’échec de l’URSS et du Marxisme-Léninisme. Mais l’échec de ce dernier, le Marxisme-Léninisme, ne rend pas le capitalisme idéal, invulnérable et parfait.

Jim Clyburn affirme que, pour disposer d’une police à la hauteur des attentes, il est impératif de relever le salaire des policiers. Mais le faire juste pour les policiers relève de l’injustice. Le corps médical, par son implication, nous aura permis de surmonter de l’épidémie de COVID, les pompiers, malgré les risques accrus auront héroïquement poursuivi leur mission… Si la proposition de Jim Clyburn est suivie d’effet, ses conséquences restructureront la société, et pas seulement celle des USA. Cette proposition, mieux payer les policiers, anodine en apparence, conduira à la restructuration profonde de la fiscalité et à la création d’un revenu minimum garanti.

Finalement, un peu d’équité, de justice sociale, n’est-ce pas une voie vers le bonheur pour tous ?

Merci Jim Clyburn.


In my article of April 27 I tried to compare the violence of the police forces in the USA and in France. Clearly, the solution is not Manichaean: a social problem is never solved by a single decision, never. Those who think so are ready to blindly follow a Dear Leader, a Führer, a Conducator, a Danube of Thought, they lead us to the death of Democracy. That said, some solutions require radical changes that open doors to solving a major societal problem.

This possible solution, simple in appearance, Jim Clyburn, evoked it.

This simple to formulate solution has an impact on society as a whole, on all its modus operandi. This solution contradicts the conservative Doxa, which has been saying for more than 50 years that cutting taxes without a quid pro quo is good for society as a whole. This Doxa dug a ditch between the rich and the others. The way of life of the middle class, in the 1950s, set a goal in the western world: to open to all, according to merit, access to the social elevator. It is clear that today the middle class has disappeared, the wealthiest have confiscated most the wealth produced.

Do not dream, Jim Clyburn is an “African-American”, Black to put it simply. He is elected in a conservative state since 1992. If he were openly leaning left, he would never have been re-elected. No Jim Clyburn is not a Social-Marxist, he is humanist and realistic. And what does Jim Clyburn say that is so revolutionary in substance and so obvious in form? Easy: if the police in the US is mediocre, it kills 25 times more than in France, the problem is in recruitment. And if the mediocre are recruited, the proposed salaries are the cause. The proposed salaries often require police officers to have a complementary job. In the USA, forcing people to have two jobs to make ends meet has become the rule in a 1/2 century. To be able to propose to each one an income according to his responsibilities, income that allows to live with dignity, this proposal imposes to rethink globally the redistribution of wealth. This redistribution has gradually disappeared. To assert today that capitalism has failed is the same evidence as to note the failure of the USSR lead by Marxism-Leninism. But the failure of the latter, Marxism-Leninism, does not make capitalism ideal, invulnerable and perfect.

Jim Clyburn’s assertion that in order to have a police force that lives up to expectations, it is imperative to raise police salaries. But to do it just for the police is unfair. The medical profession, through its involvement, has enabled us to overcome the COVID epidemic, the firefighters, despite the increased risks, have heroically continued their mission… If Jim Clyburn’s proposal is followed up, its consequences will restructure the Western Society, not just that of the United States. This proposal, better paying the police, seemingly innocuous, will lead to the profound restructuring of taxation and the creation of a guaranteed minimum income.

Finally is accepted equity, decent social justice, not a way to happiness for all?

Thank you, Jim Clyburn.


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Violence policière

27 avril 2021


Depuis la mort de George Floyd, noir étranglé par un policier pendant plus de 8 minutes, les morts du fait de la police font les gros titres des chaînes d’information. Une violence policière aux US mises en avant par les médias. Certes, mais qu’en est-il en France. Et que disent les chiffres en relation avec la violence ? Ci-dessous un extrait de la traduction d’informations fournies par le Bureau de Statistiques du Ministère de la justice US.

Décès par tranche d’âge en 2015.
Les estimations mises à jour du Bureau of Justice Statistics publiées en 2015 estiment que ce nombre est d’environ 930 par an. 

Sachant que la population US est de l’ordre de trois fois celle de la France, les décès liés à des actions de police devraient s’élever à 300 morts par an.  Extrait d’une page WIKIPEDIA, le tableau ci-dessous récapitule le nombre de tués par les forces de l’ordre. Ces chiffres comprennent à la fois les “bavures” mais aussi les décès liés à des actes d’auto-défense, en particulier au moment de tentatives d’arrestations.

Année Nombre de décès Nombre de blessés
2017 14 une centaine
2018 15 106
2019 19 117

Avant de tenter de donner une explication pour comprendre un écart de 1 pour 25, à moins que les chiffres fournis soient délibérément faux, il convient de réfléchir sur le causes de ce facteur multiplicateur : Aux US la police tue 25 fois plus qu’en France. Affirmer que la police française est exemplaire, que celle des US est criminelle, serait prendre des raccourcis douteux. N’étant ni spécialiste de l’action de la police ni sociologue, je ne fournirais donc pas une explication. Toutefois, la violence avérée de la société US, violence adossée à la diffusion anarchique et injustifiable d’armes à feu, ouvre une voie pour expliquer ces statistiques.

Pour éclairer ces différences de comportement des forces de l’ordre, permettez-moi de vous raconter une histoire vécue. En 2014 lors de mon tour d’Amérique, avec ma 2CV je traversais le Wyoming, un état du Nord-Ouest. La 2CV montrant quelques faiblesses, je décidais de régler les culbuteurs. Le milieu de la page pointée par le lien Wyoming décrit la réparation. En fois la réparation faite Pierre, mon compagnon de voyage, vérifie que l’auto a retrouvé la majorité de ses 25cv et, de fait, juste avant la sortie du village la Deuche rugissante atteint les 70km/h . Circonstance aggravante, elle réalise cet exploit devant un policier local qui nous rattrape et se prépare à nous coller une prune. Les papiers de la voiture étant dans la cantine qui remplaçait la banquette arrière, je me prépare à sortir de l’auto pour les récupérer. Le cogne, d’un air renfrogné, la main sur son flingue, pensant que j’allais l’agresser, m’interdit de sortir et m’impose moultes contorsions depuis mon siège passager pour récupérer les papiers. Clairement la confiance régnait, mais de très loin. Si en France je me suis déjà fait contrôler pour vitesse non réglementaire, jamais les gendarmes ou autres policiers n’avaient la main sur le flingue, jamais ils ne m’ont interdit de sortir de l’auto.


Since the death of George Floyd, a black man strangled by a policeman for more than 8 minutes, the deaths of the police make the headlines of the news channels. Police violence in the US is put forward by the media. But what about police violence in France? And what do the figures say about the relationship to violence? Below is an excerpt of information provided by the Bureau of Statistics of the US Ministry of Justice.

Deaths by age group in 2015.
The updated Bureau of Justice Statistics released in 2015 estimate that this number is approximately 930 per year.

Knowing that the US population is about three times that of France, deaths related to police actions, in France, are expected to rise to 300 deaths per year. From a WIKIPEDIA page, the table below summarizes the number of killed by law enforcement. These numbers include both “blunders” but also deaths related to acts of self-defense, especially at the time of attempted arrests.

Year Number of Deaths Number of Wounded
2017 14 around a hundred
2018 15 106
2019 19 117

Before attempting to give an explanation for a 1-to-25 discrepancy, unless the figures provided are deliberately false, it is necessary to reflect on the nature of this multiplier factor: In the US the police kill 25 times more than in France. To assert that, on one hand, the French police is exemplary, that, on the other hand, the US police is criminal, would take dubious shortcuts. Since I am neither a specialist in police action nor a sociologist, I will not provide a conclusion. However, the proven violence of US society, which is predicated on the dissemination of firearms, statistics opens a way to valid explanations.

To shed light on these differences in law enforcement behavior, let me tell you a real live story. In 2014 during my tour of America, with my 2CV I crossed Wyoming. The 2CV showing some weaknesses, I decided to adjust the rockers. The middle of the page pointed by the Wyoming link describes the repair. Once the repair made Pierre, my travel companion, verifies that the car has found the majority of his 25hp and, in fact, just before the exit of the village the roaring Deuche reaches 70km/h (40mph) and, aggravating circumstance, She performs this feat in front of a local cop who stops up to us and gets ready to issue a speeding ticket. With the car documents in the container replacing the back seat. I’m getting ready to exit the car and pick them up. Smoky the Bear, with a grim on his face and his hand on his gun, thinking that I was going to attack him, imposes contortions from my passenger seat to retrieve the papers. Clearly trust was not invited to the convention, a gross understatement. I have already been stopped for non-legal speed, never the police never had their hand on the gun, never did they forbid me to get out of the car.


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Turquie, Arméniens, Génocide

25 avril 2021

En 1915, l’armée turque a perpétré le massacre de la forte minorité arménienne au motif qu’elle représentait une force ennemie. Certes, pendant la Grande Guerre, la Turquie était l’alliée de l’Empire allemand et austro-hongrois. Certes les arméniens sont des chrétiens orthodoxes tout comme le Tsar qui avait déclaré la guerre à l’Empire ottoman. Les autorités turques affirment qu’en 1915 les actions menées à l’égard des arméniens n’étaient que des actions de guerre envers une population hostile.

Il faut croire que les arméniens devaient être particulièrement agressifs pour que femmes, enfants, vieillards soient eux aussi massacrés pour garantir la victoire finale. Vrai, ce sont les vainqueurs d’une guerre qui en font le récit et les turcs n’étaient pas du bon côté. L’incapacité du gouvernement turc d’accepter la réalité d’un fait historique et documenté relève une fois de plus de l’aveuglement des institutions à accepter la différence en particulier si cette différence passe par une différence de religion.

Enfin les autorités US ne sentent plus complètement contraintes par l’alliance avec un état membre de l’OTAN ayant une frontière avec l’ex-URSS.



In 1915, the Turkish army carried out the massacre of the strong Armenian minority on the grounds that it represented an enemy force. Certainly, during the Great War, Turkey was the ally of the German and Austro-Hungarian Empire. Certainly the Armenians are Orthodox Christians just like the Tsar who had declared war on the Ottoman Empire. The Turkish authorities claim that the actions carried out against the Armenians in 1915 were only actions of war against a hostile population.

It must be believed that the Armenians had to be particularly aggressive so that women, children, old men were also massacred to guarantee the final victory. True, it is the victors of a war who tell the story and the Turks were not on the right side. The inability of the Turkish Government to accept the reality of a historical and documented fact is again the blindness of the institutions to accept the difference, especially if this difference involves a difference of religion.

Finally, the US authorities no longer feel completely constrained by the alliance with a NATO member state having a border with the former USSR.


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Mélange des genres

22 avril 2021


English version in the second half


Poussé par une envie de reprendre une réflexion sur les distorsions du langage je relis un livre écrit par Victor Klemperer. Dans sa version française ce livre se nomme “LTI, la langue du III Reich“. Pour profiter pleinement de ce livre, point n’est besoin d’être germaniste. Toutefois, la pratique de l’allemand ajoutera un élément de contextualisation supplémentaire dans certains développements. Ce livre éclaire la nature des langues dès lors qu’elles sont perverties par les régimes totalitaires.  Ce livre éclairerait bien des lanternes lors de la lecture du Meilleur des Mondes et le travail d’Aldous Huxley sur la Novlangue. Ce livre ouvre aussi une grille de lecture du couple vocabulaire/syntaxe de l’ex clown de la Maison Blanche.

Mais il convient de revenir sur l’élément de langage qui se trouve à l’origine de cet article, le mot “Incident”. Dans la Novlangue des médias US, ce mot est utilisé pour parler de l’usage mortel d’armes à feu. Et ces derniers temps la presse s’est fait l’écho de nombreux incidents commis par des malades mentaux ou des policiers. Le mot “Incident” pour introduire l’usage mortel d’armes à feu me posait un problème bien réel. Il arrive que parfois des mots semblables possèdent en français et en anglais des sens différents. Par exemple Eventuellement et Eventually bien que phonétiquement semblables portent des sens sans réel rapport. En français Eventuellement désigne une modification d’état liée à un événement. En anglais Eventually désigne ce qui se produit à la toute fin d’un narratif. Craignant avoir à faire à un faux ami, j’ai consulté le dictionnaire de référence, le Webster. Celui-ci donne trois définitions et montre que la mot “Incident” n’est pas un faux ami :

  1. Evenement mineur non prévu qui pourrait (conditionnel) entraîner des conséquences graves.
  2. Evenement volontaire ou non qui affecte les relations entre états (incident diplomatique).
  3. Evenement dépendant ou subordonné à une action plus importante.

L’usage du mot “Incident” pour couvrir les effets de l’utilisation criminelle ou justifiée d’armes à feu ne me semble ne pas coller à la situation. Il convient de se poser la question du choix de ce mot “Incident”. Ce choix ne peut en aucun cas relever du hasard. Tout d’abord l’objet, je veux dire l’outil utilisé pour le passage à l’acte est une arme à feu, le plus souvent une arme de guerre, arme qui circule plus ou moins, mais plutôt plus, librement. Souvenons-nous qu’aux USA il y a plus d’armes que d’habitants. A ce sujet, dans ce blog, un article avait déjà été publié.

Sur la relation des américains avec les armes à feu un court retour en arrière s’impose. La Constitution américaine, par son deuxième amendement ouvre à chacun le droit de posséder et ou de porter une arme dans le cadre d’une milice bien organisée. Ce texte date de décembre 1791, son but permettait à l’Union nouvellement indépendante de disposer d’une force populaire armée pour se protéger contre un retour de l’ancienne puissance coloniale, contre un coup d’état. Souvenons nous qu’à l’époque le coût d’un fusil, sa létalité, sa faible portée, son taux de répétition dérisoire et sa précision approximative limitait sa dangerosité. Cent années après la promulgation du Second Amendment est fondée la National Rifle Association plus connue sous l’acronyme NRA. Ces cinquante dernières années les lobbies, groupes de pression qui participent directement ou indirectement aux élections, ont vu leur activité légalisée. La NRA s’est mise au service des fabricants d’armes. En finançant les campagnes électorales, la NRA a fait coup double. D’un côté elle s’est acquise la servilité des élus et de l’autre elle a perverti la notion de service des citoyens dans les milices d’auto-défense. En transformant le service dans les milices en liberté sans limites de posséder des armes de guerre au nom de la liberté individuelle de se défendre, la NRA s’est donnée une justification politique et morale. Or les armes modernes diffèrent des armes objet du Second Amendment en ce que leur létalité est infiniment supérieure. Cette évolution de la létalité, le Second Amendment ne pouvait la prévoir.

Le pouvoir de la NRA dans la politique US a tétanisé les élus durant ces cinquante dernières années. Dans de nombreuses élections, la victoire passait par l’adoubement et le financement venu de la NRA. Toutefois, depuis peu, les sommes manipulées par la NRA ont éveillé des appétits et des conflits au sommet de l’organisation. Les dirigeants actuels sont visés par des enquêtes de corruption, de détournement de fonds. Si celle-ci est aujourd’hui au bord de la faillite, son pouvoir faiblit mais, par habitude, par paresse, les changements sont pour le moment peu perceptibles. La NRA reste crainte, en particulier lors des élections primaires.

Mais qu’en est-il de l’usage du mot “Incident”, pourquoi ne parle-t-on pas de fusillade, de massacre, de tuerie mais simplement d’Incident. Plusieurs raisons s’imposent. Entre le politiquement correct, la volonté de minimiser la violence pour éviter de la valoriser, les habitudes de discours serviles face à la puissance de la NRA, une forme de consensus mou a fait choisir le terme “Incident”. Béni sera le jour où, en lieu de place du mot “Incident”, la tragédie de la perte de vies sera nommée “Massacre à l’arme de Guerre”. Ce jour béni la nation américaine sera prête à interdire la possession privative de ces nuisibles pénis de substitution que sont les armes de guerre. Ce jour béni, la possession et l’usage des ces vecteurs de mort ne se justifiera plus au nom de la protection et la sauvegarde des libertés individuelles. Ce jour là la langue aura révélé un changement de mentalité, un retour vers une normale, une baisse de la peur de l’autre et donc du racisme. Ce jour là la Démocratie aura fait un pas en avant.


Impelled by a desire to resume a reflection on the distortions of language I reread a book written by Victor Klemperer. In its French version this book is called «LTI, The Language of the III Reich«. To take full advantage of this book, there is no need to be Germanist. However, the practice of German will add additional contextualization in some developments. This book sheds light on the nature of languages when they are perverted by totalitarian regimes. This book provides useful hint when reading the Best of Worlds and the work of Aldous Huxley on the Novlangue. This book also opens a reading grid about the couple vocabulary/syntax of the ex clown of the White House.

But we have to revert to the element of language that is at the origin of this article, the word “Incident”. In the Newspeak of the US media, this word is used to speak of the deadly use of firearms. And in recent times the press has echoed many “Incidents” committed by some mentally ill criminals or police. I had a real problem with the word “incident” to introduce the deadly use of firearms. Sometimes similar words have different meanings in French and English. For example “Eventuellement” and “Eventually” although phonetically similar carry meanings that differ from one language to another. In French “Eventuellement” means an event-related status change. In English, “Eventually” refers to what happens at the very end of a narrative. Fearing that I would have to deal with a false friend, in other words similar words with different meanings, I checked the reference dictionary, the Webster. It gives three definitions. These similar definitions in French an English prove that the word “Incident” is not a false friend:

  1. Unplanned minor event that could (conditional) result in serious consequences.
  2. Voluntary or voluntary event that affects relations between states (diplomatic incident).
  3. Event dependent or subordinated to a larger action.

The use of the word “incident” to cover the effects of the criminal or justified use of firearms does not seem to fit the situation. The choice of the word “Incident” raises a question that needs to be asked. This choice cannot be made by chance. First of all, the object, I mean the tool used to perform this killing act is a firearm, usually a weapon of war, a weapon that circulates more or less, but rather more, freely. Let us remember that in the USA there are more weapons than inhabitants. On this subject, in this blog, an article had already been published.

On the relationship of the Americans with firearms looking back over one’s shoulder is necessary. The American Constitution, by its Second Amendment, gives everyone the right to own and carry a weapon in the context of a well-organized militia. This text dates from December 1791. The Second Amendment allowed the newly independent Union to have a popular armed force to protect itself against a return of the former colonial power or against a coup d’état. Let us remember that, at the time, the cost of a rifle, its lethality, its low range, its ridiculous repetition rate and its approximate accuracy limited its availability and dangerousness. One hundred years after the promulgation of the Second Amendment, the National Rifle Association, better known as the NRA, was founded. Over the past 50 years, lobbies, groups that participate directly or indirectly in elections, have seen their activity legalized. The NRA services the interests of the gun manufacturers. By funding the election campaigns, the NRA did a double whammy. On the one hand it has acquired the servility of the elected law makers and on the other it has perverted the notion of service of citizens by the militias of self-defense. By transforming the militia service into the unlimited freedom to possess weapons of war, the NRA perverted the ideal of individual freedom. Pretending that there is a tight relationship between freedom and self defense is simply an illiterate non-sense. Modern weapons differ from the Second Amendment weapons in that their lethality is infinitely superior. This evolution of lethality, a by-product of the Industrial Revolution, the Second Amendment, in its invariable form, proves that the Founding Fathers were sometimes pretty short sighted.

The power of the NRA in US politics has paralyzed the elected law makers during the last fifty years. In many elections, victory was achieved through the influence and financing by the NRA. However, recently, the mountains of cash handled by the NRA have aroused appetites and conflicts at the top of the organization. Current leaders are being investigated for corruption, embezzlement. If it is now on the verge of bankruptcy, its power weakens but, out of habit, out of laziness, the changes are for the moment hardly noticeable. The NRA remains influential, especially in the primary elections.

But what about the use of the word “incident”, why are we not talking about a shooting, a massacre, a killing, but simply we refer to an incident? There are several reasons. Between the politically correct, the desire to minimize violence in order to avoid valuing it, the habits of servile speech in the face of the power of the NRA, a form of soft consensus pushed toward the use of the term «Incident». Blessed will be the day when, instead of the word “Incident”, the tragedy of the loss of life will be called “Massacre with the Weapon of War”. On this blessed day the American nation will be ready to ban the private possession of these harmful surrogate dicks that are weapons of war. On this blessed day, the possession and use of these vectors of death will no longer be justified in the name of protecting and safeguarding individual freedoms. That day the language will have revealed a change of mentality, a return to a normal, a decrease of fear of the other and, therefore, of racism. That day Democracy will have taken a step forward.


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Kafka dans la culotte

14 avril 2021

La COVID pose à tous une série de problèmes. Parfois ces problèmes relèvent de l’impossibilité épistémologique, en particulier lorsque la bureaucratie s’en mêle. En introduction il me semble impératif de convoquer les Shadoks afin de participer à la résolution du conflit décrit plus bas et permettre à ma compagne, Susan, de me rejoindre.

Exposé du problème

Après plusieurs années d’une relation harmonieuse, avec Susan nous avons décidé d’officialiser notre relation. Deux voies s’ouvrent à nous qui sont respectivement le PACS ou le Mariage. Malgré les immenses progrès liés à la dématérialisation, afin de déposer un PACS au tribunal ou célébrer un mariage en mairie, la présence physique des deux impétrants s’impose. Non sans difficultés nous avions obtenu à l’automne 2020 un Laisser-Passer dérogatoire dans le cadre de “Love is not Tourism”, cadre que l’Union Européenne avait réussi à imposer. La nouvelle vague de rang N de la COVID avait rendu la directive “Love is not Tourism” inopérante. J’ai donc sollicité de la part du service des visa la marche à suivre pour pouvoir nous marier et contourner les contraintes liées à la crise COVID.


Bonjour,
à l’automne 2020, ma compagne et moi avons pu nous retrouver à Paris.
Susan est retournée en Floride mi-décembre.
Vous trouverez en PJ le laisser-passer qui nous avait été transmis.
Depuis la fermeture des frontières ne nous permet de nous retrouver.
Bien que de de part et d’autre de l’Atlantique, nous avons décidé de nous marier avec un contrat dès que possible.
Tous deux âgés de 72 ans, Susan a reçu ses deux injections.
Je recevrais la seconde fin mai, nous serons donc vaccinés.
Afin de pouvoir
– signer le contrat de mariage,
– publier les bans et
– nous marier courant juillet en France,
permettez-moi de vous solliciter en vue d’obtenir un Laisser-Passer pour début juin.

En vous souhaitant bonne réception et dans l’attente de vous lire, croyez Madame, Monsieur, à notre sincère respect.
JL Cech & Susan Umansky


Avec la vitesse de l’éclair, ce qui prouve que ma demande n’est pas tombée du ciel en prenant les services des visas à revers, j’ai reçu la réponse suivante.


Solution initiale du service des visas

Bonjour,
La délivrance de laissez-passer “love is not tourism” a été suspendue en janvier 2020.
Vous pouvez solliciter un laissez-passer en vue de vous marier.
Pour se faire, vous devez être en mesure de fournir de manière non exhaustive les pièces justificatives suivantes, en fonction de votre situation :

  • Le formulaire en pièce jointe en format Word, saisi informatiquement ;
  • demande écrite signée, avec coordonnées complètes, précisant notamment la durée du séjour envisagé ;
  • Préciser si il y a le projet de résider en France après le mariage ou de revenir aux USA ;
  • copie de votre pièce d’identité
  • Preuve de votre résidence en Floride
  • La preuve de la nationalité française du futur époux résidant en France,
  • le certificat délivré par le maire du lieu de célébration du mariage précisant que la publication des bans a été effectuée et n’a donné lieu à aucune opposition.
  • Preuve d’une réservation d’un billet retour
  • Justificatif d’hébergement en France
  • l’engagement de septaine en pièce jointe

Nous vous remercions de donner un titre à chaque document.
Cordialement,
Nom de l’agent masqué


Muni de ce courriel donnant la marche à suivre, je me suis rendu à la mairie de Bourg la Reine afin de confirmer la marche à suivre. Malgré les côtés particuliers de ma demande, le mariage entre un français et une américaine, l’agent de la mairie m’a communiqué la liste des documents nécessaires. Il m’a précisé que, conformément à la loi, le dépôt se fait en présence des deux demandeurs, il déclenchera la publication des bans.

Pour sa part, le service des visas exige un document certifiant que le dépôt des bans n’a pas donné lieu à une opposition.
Or le certificat ne peut être obtenu sans publication des bans.
Notons que les bans ne peuvent être déposés sans la présence des eux demandeurs.

Afin d’éclairer le problème, j’ai présenté à l’agent de la mairie le message précédent. Celui-ci me propose de prendre contact avec le service des visas pour trouver une solution.
La politesse m’imposait d’informer le service des visas
Je leur fait parvenir le message suivant.


La solution initiale ne fonctionne pas

Madame,
je suis passé en Mairie ce jour afin de valider le dépôt de dossier de mariage.
L’obtention du certificat ne non opposition pose problème.
A ce sujet, la Mairie de Bourg la Reine qui est en copie de ce courriel prendra contact avec vous afin de trouver une solution.
Cordialement.
JL Cech & Susan Umansky


La réponse ne s’est pas fait attendre, claire comme il se doit.


Bonjour,
Le problème devient épineux, car les postes ne peuvent solliciter de laissez-passer que s’ils disposent du CNO après publication des bans.
Disposez-vous de justificatifs de vie commune récents (relevé bancaire, bail, facture…) ?


Pour info, les documents demandés avaient déjà été fournis à plusieurs reprises. Toutefois l’arrivée du CNO me pose un problème cognitif qui imposait à lui seul un éclaircissement. Je m’en suis ouvert au service des visas avec le message suivant.


Epineux, certes, mais que signifie le TLA CNO ?
De plus, il me semble, qu’à minima, les services des visas ne devraient pas ignorer les procédures en usage en France.
Quant aux documents demandés, ils vous ont déjà été fournis lors de la demande de laisser-passer dérogatoire accordé et fourni en PJ.
Toutefois, afin de faciliter le traitement de notre demande, vous trouverez aussi en PJ les documents qui auront permis l’émission du laisser passer initial.


Si l’acronyme CNO me posait un problème, j’avais espéré que TLA (Three Letter Acronym) en pose un autre à mon correspondant. Ce ne fut pas le cas, sa compétence ne fut pas prise en défaut.

La réponse du service des visas fut à nouveau, c’est à souligner, immédiate.


La solution : fastoche, faire comme si le pb n’existe pas

Monsieur,

  • Vous n’êtes pas sans savoir que la situation ne vous permet pas de solliciter de laissez-passer « relation sentimentale » en ce moment ;
  • Le CNO (certificat de non-opposition) est exigé dans le cadre d’une demande de laissez-passer en vue d’un mariage en France, et ce consulat se conforme en cela aux instructions gouvernementales ;

Devant l’impossibilité de solliciter actuellement l’un des 2 laissez-passer évoqués, il pourrait être judicieux dans la situation de Mme UMANSKY de voyager en tant que « concubin de français ». Sous réserve de fournir à la compagnie les justificatifs ad-hoc (Attestation sur l’honneur de concubinage + justificatifs récents à vos 2 noms de vie commune + copie de votre passeport), votre partenaire est susceptible de relever de l’attestation dérogatoire de voyage (cocher la case n°1). Dans ce contexte, le consulat n’intervient pas, les justificatifs étant directement présentés à la compagnie aérienne.

Vous trouverez ci-après le lien vers notre page dédiée : https://miami.consulfrance.org/covid-19-informations-essentielles-et-demarches-administratives

Pour voyager, il faudra :

  • Un test PCR négatif effectué moins de 72 h avant le vol à la compagnie aérienne lors de l’enregistrement (pour les passagers âgés de plus de 11 ans),
  • L’attestation de déplacement international dérogatoire disponible sur le site du Ministère de l’intérieur, accompagnée des justificatifs du motif du déplacement.
  • Une attestation sur l’honneur, à se soumettre aux règles relatives à l’entrée sur le territoire national métropolitain (attention formulaire distinct pour les moins de 11 ans). Cette attestation est également disponible sur le site du Ministère de l’intérieur. Elle prévoit notamment un engagement à s’isoler 7 jours à l’arrivée en France et à passer un nouveau test PCR à l’issue de cette période d’isolement.

Cordialement,


Le deuxième paragraphe est un exemple lumineux de la résolution bureaucratique d’une insoluble contention issue de la non compatibilité d’interprétation de la loi qui se résume par :

  • les deux demandeurs doivent être présents pour le dépôt des bans,
  • le résultat du dépôt des bans doit être transmis pour obtenir le laisser-passer.

La solution proposée est que les concubins peuvent sauter par dessus  les contentions administratives pour faire de même (Zeugma).

Et pour conclure, si l’on remplace Permis de Conduire par Visa, Jean Yanne donne la solution du bon comportement.


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